Dimanche 6 juillet Jib
Et voilà, c’est reparti pour une rando à la découverte d’un massif, cette année : le Mercantour.
Cette fois-ci nous avons opté pour un modèle plus cool, mais surtout beaucoup plus drôle !!!??? Le truc c’est que les étapes ont été réduites de moitié et que nous sommes deux fois plus.
12 jeunes fous à l’appel au départ de Saint Dalmas Valdebore entre la Vésubie et la Tinée pour partir en direction de la mer par le GR 52 après une bonne nuit au camping à la ferme.
Une partie du groupe part en direction du col de Veillos pendant qu’on va poser 2 voitures à Moulinet notre lieu d’arrivée dans quelques jours. Le groupe procède à un regroupement vers 12h au dit col. On peut dès lors observer les qualités des « anciens » pour mener la troupe ; même la Biche est devant ! Guillaume en fin psychologue… euh podologue, soutient Catherine dans cette rude montée. Fabien s’est glissé dans le groupe de tête avec les deux Lucie, tandis que notre couple de parigots suit à distance. Sandra est là, en pleine forme et motivée.
Le vent et les quelques gouttes de pluie qui nous attrapent après le col ne nous découragent pas pour aller jusqu’au lac pour un pique-nique bien mérité. En dessert, nous avalons les derniers mètres jusqu’au col de Barn avant de basculer dans la descente vers la vacherie… Chacun le fait à son rythme, car personne n’arrive à suivre la Biche qui ne sait pas qu’il n’y a pas de bonification sur la première étape. Arrivé en bas il reste 1 km de piste en faux plat montant avant de se jeter dans le ruisseau afin de se toiletter !
Après avoir monté les tentes, nous avons droit à un apéro garni puis nous mangeons un repas qui se finit sous la tente à cause de quelques gouttes malvenues. Pendant une accalmie nous ressortons pour dire au revoir aux moustiques, puis retour dans la tente pour écrire le carnet de bord bercé par les ronflements de la Biche.
Lundi 7 juillet Guillaume :
C’est avec une énorme fierté que je prends la suite de Jib, preuve s’il en était que je suis son chouchou. Pour ce qui est de la rando, on a fait l’impasse sur un levé à 7h sous la pluie pour un petit dej à 8h30.
A peine réveillé, Fabien (déjà éprouvé) subi une attaque en règle des moustiques ( victoire des moustiques). Ensuite c’est d’un pas alerte que notre petit groupe grimpe vers le col de Saleze (2031m soit 100 m depuis le bivouac). Pas de bobos apparents, tout va bien, on repart pour une descente vers Boreon 1470 (anagramme de Borneo mais rien à voir) par la vallée de la Vésubie.
Le jeu de la rando 2008 commence : « est ce que tu préfères … ». Les réflexions s’enchaînent sur Monica Bellucci derrière une vitre ou une moche que tu baises. La philosophie est donc de mise.
Il fallait au moins ça avant d’attaquer droit vers le lac de Trécolpat objectif de bivouac. Après 300m de montée une pause manger prés d’une cascade nous fait le plus grand bien même si encore une fois l’orage joue les troubles faits et nous oblige à repartir.
Encore 300m et une attaque sournoise de Mika qui dépose tout le monde pour aller chercher la tête de la course à Lucie Rivail. 3ème Fabien ensuite viens Arnaud F et moi-même. Puis la Biche et Sandra, les 2 Munoz main dans la main, Lucie Rigaux et enfin Cath et Jib (qui assiste notre leader).
4 chevaux nous attendent au lac, nous parvenons à les chasser grâce au Frisbee de Lucie. Oups !!! j’oubliai les gens à féliciter, les vrais, les courageux , ceux qui ont mis les pieds parfois jusqu’à la tête dans ce lac quasi gelé.
Après un partie de pétanque gagnée 13-11 par la Biche, Arnaud B, Mika et moi face aux tenants du titre et favoris Jib, Arnaud F et Lucie Rigaux, les chamois descendent en force et nous rappellent ainsi qu’il est l’heure de manger. Mais avant, apéro cahouettes au moment où le ciel se dégage.
Le repas se termine par une goutte de Genépi, un petit caca et au lit. 6 illuminés se sont désignés pour une ballade de 300m jusqu’au col vers 4h30 pour y voir le lever de soleil et revenir préparer le petit déj. Leurs noms : Arnaud F, les deux Lucie, Mika, Jib et Moi. Si personne ne trouve d’excuse bidon ni ne défaille ils seront à féliciter.
Bonne nuit.
Ps : j’espère que mon duvet tiendra le coup.
Mardi 8 juillet Lulu alias Lucie Rivail :
Comme prévu lever à 4h20 pour les courageux Jib, Guillaume, Arnaud F et les 2 Lucie (Oups !!! j’oubliai Mika). Même Arnaud et Guillaume n’ont pas trouvé d’excuse pour ne pas se lever. Départ à la frontale pour arriver au col… avant même que le jour ne soit levé !!! Du coup on part vers le col de Fenestre qui n’existe pas et on attend ¾ d’heure au milieu de nulle part un soleil qui ne vient pas. Enfin, on n’a pas tout perdu car on a vu la mer ( y avait même un bateau ! hein ! Arnaud ?!).
Retour au campement pour réveiller les ronfleurs, petit déj glacial et rebelote la montée au col. Et en haut cette fois il y a du soleil, comme quoi c’était pas la peine de se lever si tôt !!!
Une longue descente nous mène vers la madone de Fenestre, durant laquelle on perd Jib, Guillaume et Fabien qui ont cavalé devant. Du coup, pour attendre Cath et Sandra, on se pose en terrasse avec tartes aux myrtilles, café et … coca !!! Dommage Fabien…
Après cette pause bien agréable, on reprend la montée vers le pas du Colon. Longue montée tranquille au début mais qui devient caillasse, puis neige, puis caillasse hyper raide !!! La Loutch a pris le maillot jaune et gambade tranquillement devant. La surprise du jour est venue de Sandra (maillot rouge) qui arrive en haut avant la Biche alors qu’on note une petite baisse de forme de Fabien… Jib et Guillaume, très gentlemen, accompagnent Catherine jusqu’en haut.
Nous avons droit à un petit exercice d’équilibre pour descendre vers le pique-nique, comme si on ne l’avait pas déjà suffisamment mérité avant !!! Une grosse discussion a lieu durant la pause pour savoir qui accompagnera Jib au sommet du Colomb. La Loutch, en bonne chouchoute, n’hésite pas une seconde ! Mais les autres se désistent un à un, même Mika qui cavale en tête depuis 3 jours et Fabien qui a renoncé au « lever de soleil » pour s’économiser pour le sommet. Finalement Arnaud F sera de la partie aussi, afin de faire un compte rendu à Thomas sur les faits et gestes de Lucie.
Nous autres descendons péniblement la descente casse-pattes avant de rejoindre le lac sous le refuge de Nice. Baignade et sieste s’imposent, surtout avec le beau soleil que nous avons en attendant les 3 furieux.
Comme prévu, la montée au sommet du Colon était un arnaque dixit Arnaud donc on a bien fait de profiter de notre repos au bord du lac. Une fois le soleil couché, l’apéro pastis cacahouètes est de rigueur, suivi d’un repas très copieux. Et après bonne nuit les petits !!!
Mercredi 9 juillet La Biche
1ère info : Cath marche comme un chamois qui aurait fait 10 ans de danse classique. Avec beaucoup d’élégance.
2ème info : Valoche s’est débinée au moment où c’était son tour d ‘écrire dans le journal de bord.
3ème info : la Biche a remporté la palme de la plus belle gamelle de la semaine !!! Elle s’est vautrée lourdement (la faute à son sac) sur une grosse dalle en pierre et du coup ses deux genoux sont enflés et difformes.
A part ça la journée fut magnifique. Départ du refuge de Nice, passage de 3 lacs d’altitude, par des névés (dont 1 un peu raide), par des pierriers… La montée a duré des heures mais à l’arrivée la vue valait le détour.
Au passage, signalons les 4 hommes qui avaient pris la tête dans le chemin, oubliant sans doute que le GR 52, comme tout les GR était signalés par des bandes rouges et blanches. Du coup le trio de tête est le suivant : Lulu, Loutch et la Biche.
Signalons aussi que Fab ( ou Florian ça marche aussi) a éclaté sa chaussure qui a dû être strappée, lacée puis finalement abandonnée (le lendemain).
Après ce col dont nous parlions précédemment, la Biche a engrangé quelques points en descendant très vite puis en arrivant au col suivant, quelques minutes avant Mika, honorable second.
De l’autre coté nous attendait la vallée des Merveilles, qui porte bien son nom. On aurait aussi bien pu l’appeler vallée des chamois, vu le nombre de bestioles qui venaient gambader autour de nous. Interdiction de sortir du sentier mais nous avons pu voir quelques peintures rupestres tout de même.
Arrivé au refuge des Merveilles, gros débat : bière + glande ou marche ? Jib ( qui n’est plus ce qu’il était) a tranché : bière plus glandouille. Certaines entament une partie de 5000, pendant que d’autres s’avachissent autour de la table.
Au moment de planter la tente, Jib (qui se rattrape un peu) trouve un charmant lieu de bivouac à quelques pas du refuge et d’une cascade qui accueillera nos ablutions quotidiennes. Et l’avantage, c’est que quand on est tout en haut de la montagne, on a le soleil toute la soirée ! Au menu ce soir-là : une platrée de polenta qui déchire sa mère.
Avant de se coucher, le chef de l’expédition nous propose un lever de soleil pour le lendemain matin : proposition acceptée à l’unanimité. Lever prévu à 5h15 mais en attendant, bonne nuit les zouzous !
Jeudi 10 juillet Arnaud :
Une étape facile, pas de faits marquants, des paysages quelconques pour qui connaît la montagne. Une répétition des jours précédents : Catherine en tête, les autres rament derrière.
Tout au plus à signaler un chamois « défoncé » sur le bord du chemin dans la montée du pas du Diable : certainement attaqué pendant la nuit par un Fabien plus affamé que jamais.
On peut aussi évoqué, à la limite, un levé de soleil « sympa » mais qui nous oblige à nous réveiller à 5h : rien d’extraordinaire quand on sait que c’est la même chose depuis 4 milliards d’années…
S’en suit donc une montée de col (le Pas du Diable pour ceux qui suivent) des plus banales : des cailloux, des lacs, des névés ; rien de bien extraordinaire à ces altitudes.
Arrivés là haut, le GO en chef force 7 d’entre nous à aller voir en haut de la cime du Diable si l’air est plus pur : on en est quitte pour se coltiner 250m de dénivelé positif en plus. Fabien, le plus malin des 7, feint un problème technique mineur pour se défiler (un banal arrachement de semelle).
La montée se fait d’une traite et sans efforts. Les 2700m de la cime nous offre une image d’Epinal de la montagne : des sommets, des vallées, des cols, une vue à 360°. Moi je préfère 100 fois plus « la Terre vue du ciel », l’émission de Y.A. Bertrand sur la 2 : on en voit plus en 90 minutes et on peut manger des chips et boire une bière en même temps.
Après, forcément, on descend : 800m en négatif. Heureusement, les chaussettes humides et nos genoux élastiques nous font passer un moment des plus agréables. Une énième « dernière montée » nous mène vers les 4 non punis qui nous attendent pour manger.
Le Comté affiné par nos soins dans nos « caves à dos » est un pur délice. Par chance, les mouches, pourtant légion à cette altitude, ne nous ont pas trouvés.
Nous repartons vers notre objectif. Une dernière montée (décidément !) s’offre à nous entre la Baisse de Vitabren et celle de Bréa. Au fait, je ne vous ai pas parlé du chouette camion Unimog qu’on a vu quand on pique-niquait ?! Il était blanc, avec une remorque pour transporter un écrase goudron (la machin jaune avec deux grosses roues en métal). Il était super chouette et le monsieur avec le veste jaunes qui le conduisait avait l’air super fier ! Le camion Unimog c’est comme un couteau suisse mais en plus gros. On peut même faire du café si on branche une cafetière sur l’allume cigare.
Bon ! Ok ! Je finis le récit de la journée… Baisse de Bréa puis descente tranquille sur Moulinet. Le chemin est large et bien entretenu, la descente agréable. R.A.S., si ce n’est Catherine qui se casse un ongle dans la descente mais arrive fraîche comme un gardon à Moulinet (et toujours en tête). Sans trop chercher et dans la bonne humeur, on trouve facilement un bivouac, exactement là où l’on voulait, au lieu dit du « camping de Moulinet ».
Fait marquant d’humanité : on donne un peu d’argent aux pauvres paysans qui habitent à côté. En remerciement et suivant une coutume locale, ils nous offrent à chacun une douche chaude que la politesse nous oblige à accepter. Ils nous offrent également un breuvage du coin fort goûteux appelé « piquetta para francesi a cinque euros ».
La soirée se termine gentiment en boite au Moulinet où nous squattons le carré VIP jusqu’à 7h du mat’.
L’étape en chiffre :
- environ 20km,
- point haut : 2700m,
- point bas : 830m,
- 25°C en moyenne,
- 250ml de crème solaire,
- 17L de méthane (à 3 personnes),
- 3L de sueur (1 personne),
- 24 genoux atrophiés (4 à vie),
- 1 paire de chaussure Quechua morte pour la France,
- 1 chamois mort, 158 vivants,
- environs 10 lacs magnifiques,
- 1 bel exemple de démocratie (juré JIB, à la prochaine rando, on instaure une dictature).